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Périnatalité

Dans le cadre de la Semaine mondiale pour l’accouchement respecté (SMAR) 2016 – ce vendredi 20 mai 2016: conférence sur la violence obstétricale

Violence obstétricale : qu’en disent les chercheuses au Québec?

 

Au Québec, comme ailleurs dans le monde, la question de la violence obstétricale vécue lors de la grossesse, de l’accouchement et du post-partum prend de plus en plus d’ampleur dans les revendications des femmes et des groupes de défense des droits des femmes. Quoique ce phénomène existe depuis longtemps, le concept de violence obstétricale est en émergence.

Depuis plusieurs années, les travailleuses du Regroupement Naissance-Renaissance (RNR), ses membres et ses partenaires sont préoccupées par cette question. Pour dresser un portrait de ce qu’en disent les chercheures au Québec, le RNR vous invite à une journée-conférences qui nous permettra d’entendre leurs analyses, de mieux comprendre leurs réflexions et recherches récentes et de voir comment le Québec s’inscrit dans le monde en lien avec les recherches et actions qui se font actuellement à l’international.

Par le biais des présentations et des discussions qui suivront, le RNR souhaite contribuer à une meilleure reconnaissance de cette forme de violence systémique qui a un impact non négligeable sur la santé des femmes et de leurs enfants.

 

La violence obstétricale : enfin reconnue ! Les jalons importants de cette longue marche, des années 50 à nos jours.
Par Hélène Vadeboncoeur, PhD., chercheure indépendante en périnatalité


« De mon point de vue de chercheure préoccupée par cette question depuis le milieu des années 90, et de militante depuis plus longtemps encore, je récapitulerai comment on en est venus, en l’espace d’une cinquantaine d’années, à ENFIN reconnaître une forme de violence qu’on a appelée violence obstétricale. De l’enquête Cruelty on Maternity Wards, parue à la fin des années 50 dans un grand magazine américain à la publication, en 2015, d’une analyse du mouvement ayant mené à la création d’une charte internationale sur les droits des femmes autour de l’accouchement, par la White Ribbon Alliance for Safe Motherhood. En passant par ce qui s’est passé au Québec. Elle explorera les contributions de la recherche, du domaine juridique et du militantisme international à la reconnaissance longtemps attendue de la violence obstétricale. Il était temps qu’on reconnaisse l’existence, ici et ailleurs, de cette forme de violence dénoncée depuis des dizaines d’années par des femmes ayant accouché ou ayant accompagné des femmes sur le chemin de la maternité. »


Hélène Vadeboncoeur est une chercheure québécoise renommée et reconnue internationalement pour sa contribution aux domaines de l’humanisation des naissances, de l’empowerment et des droits des femmes pendant la période périnatale.

Depuis une trentaine d’années, elle a accompli beaucoup, notamment en écrivant un livre incontournable sur l’accouchement naturel après césarienne (AVAC), publié en trois langues, en participant comme chercheure à des études sur la césarienne, la violence obstétricale, la légalisation de la pratique sage-femme. De plus, elle a élaboré et coordonné des études sur les femmes enceintes en situation de vulnérabilité. Pendant quelques années, elle a fait partie du corps enseignant à l’UQTR, au programme de pratique sage-femme. Sur le plan international, Hélène œuvre depuis une dizaine d’années au sein du conseil d’administration de l’International MotherBaby Childbirth Organization (IMBCO) et du Conseil consultatif de la charte sur le respect dans les soins de maternité, de l’Alliance du Ruban blanc pour la maternité sans risques (White Ribbon Alliance for Safe Motherhood). Membre depuis les années 90 du comité de rédaction de la revue française Les Dossiers de l’Obstétrique, Hélène a aussi collaboré à des ouvrages collectifs portant sur l’accouchement. Depuis les années 90, elle est sollicitée comme conférencière en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, en Europe, et en Afrique.

Une analyse conceptuelle de la violence obstétricale dans les soins de santé
Par Sylvie Lévesque et Manon Bergeron, Département de sexologie, UQAM


Au Québec, comme ailleurs dans le monde, la question de la violence obstétricale vécue lors de la grossesse, de l’accouchement et du post-partum prend de plus en plus d’ampleur dans les revendications des femmes et des groupes de défense des droits des femmes, suite aux expériences négatives vécues par ces dernières en lien avec leur(s) accouchement(s). Depuis plusieurs années, les travailleuses du Regroupement Naissance-Renaissance (RNR), ses membres et ses partenaires sont préoccupées par cette question. Ainsi, de nombreuses interrogations sont présentes chez les intervenantes communautaires membres du RNR qui accueillent ces femmes. Dans l’objectif de mieux soutenir les intervenantes oeuvrant auprès des femmes et d’engager une réflexion commune sur cette problématique émergente, cette présentation vise à présenter un projet de recherche partenariale en cours et à partager les résultats obtenus lors du premier volet visant à conceptualiser ce phénomène. Ce volet a permis de dresser, à partir de la littérature disponible jusqu’en 2015, un portrait plus étayé du concept de violence obstétricale en illustrant les attributs (caractéristiques) qui le définissent, ses antécédents et ses conséquences selon une démarche d’analyse conceptuelle inspirée par Walker et Avant (2005). Les attributs, qui constituent l’essence de ce phénomène, de même que les antécédents, qui soutiennent sa manifestation, sont issus du travail d’analyse conjoint de l’équipe de recherche sur le corpus empirique. Les forces et les limites de cette analyse conceptuelle seront discutées, de même que les pistes futures.

L’obstétrique comme construit social d’un corps de femme défaillant
Par Stéphanie St-Amant, Chercheuse postdoctorale, Division de psychiatrie transculturelle et sociale, Université McGill


Stéphanie St Amant nous livrera ses dernières réflexions sur le concept du corps performé et de l’expérience des femmes des soins et pratiques obstétricales et attitudes des intervenants-es en périnatalité au Québec au 21e siècle. Sa thèse de doctorat dresse un portrait inquiétant de l’évolution historique du conflit entre les droits des femmes et le système médico-obstétrical lors de l’accouchement. Elle nous expliquera son analyse en explorant les concepts suivants :
• Intersection entre la femme qui accouche et l’institution médicale et ses acteurs, actrices;
• Construction culturelle de la « performance obstétricale » et de la «mise en incapacitation» du corps de la femme.

Docteure en sémiologie, épistémologue de la médecine obstétricale et gynécologique, Stéphanie St-Amant oeuvre dans le domaine de la périnatalité depuis 20 ans. Elle a participé étroitement au mouvement d’humanisation de la naissance, de la légalisation de la pratique sage-femme au Québec, de la professionnalisation de l’accompagnement à la naissance, de la défense des droits des femmes durant la période périnatale et de la promotion de l’accès à un plus large éventail de choix dans l’offre de services de santé. Chercheuse postdoctorale, elle poursuit actuellement ses travaux à l’Institut de recherche médicale Lady Davis de l’Université McGill.
Administratrice de groupes communautaires et d’associations à caractère politique à l’échelle locale, provinciale et internationale, membre de comités scientifiques et de groupes de recherche, animatrice de réseaux d’information et de débats sur internet, elle est aussi co-auteure du réputé recueil Au coeur de la naissance: témoignages et réflexions sur l’accouchement (Remue-ménage, 2004). Elle prépare un livre attendu sur les résultats de sa thèse (Déconstruire l’accouchement).
Elle détient une connaissance poussée tant des pratiques que de la recherche médicale ainsi que des services en périnatalité dispensés au Québec, au Canada et à l’étranger. Ce parcours lui a permis d’être le témoin privilégié de l’évolution récente et rapide des mouvements citoyens autour de la naissance et lui procure une perspective étendue de l’histoire, des controverses et des grands enjeux actuels du monde de la périnatalité et de la santé des femmes.

Contribution volontaire suggérée entre 10$ et 20$.
Merci de réserver à info@naissance-renaissance.qc.ca

Visitez la page de l’événement sur Facebook

 

Discussion

Une réflexion sur “Dans le cadre de la Semaine mondiale pour l’accouchement respecté (SMAR) 2016 – ce vendredi 20 mai 2016: conférence sur la violence obstétricale

  1. J’aimerais beaucoup y aller… mais c’est un peu loin… >

    Publié par Céline Hertzeisen Schumann | 20 mai 2016, 2 h 26 min

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